Pirohé en Voyage
Pirohé en Voyage

Alaska

28 Juillet : Aujourd’hui nous changeons de pays. Nous entrons en Alaska 49ème état des Etats-Unis. Après 56 km nous sommes à la frontière. Les formalités prennent 1/2 heure. Le douanier monte à bord du camping car, jette un coup d'œil au frigo et au congélateur, tâte le lit et trouve qu'il est bon et redescend. Un autre prend nos empreintes digitales, notre œil en photo, nous fait remplir une fiche et moyennant 12 $ nous remet à chacun notre carte verte. Ils nous saluent et nous quittons le poste frontière. Le paysage est identique à celui de l'autre côté. Il fait soleil peut être pour nous souhaitons la bienvenue, car la pluie ne nous a pas épargné depuis quelques temps. Un ours noir traverse la route devant nous et disparait. Les montagnes se rapprochent, elle sont hautes et enneigées. A Tok, nous quittons la Alaska Highway pour prendre la Tok Cutoff. Comme la météo annonce du beau temps pour quelques jours, nous avons décidé d'aller en premier à Valdez. La route se poursuit et bientôt nous découvrons un panorama sur les monts Wrangell dominés par le mont Sanford de 4944 m. Pas facile de faire des photos en raison des épinettes qui bordent la route et cachent la vue lorsque l'on peut enfin s'arrêter. Il fait très chaud et nous pouvons enfin quitter la polaire. Nous nous arrêtons pour la nuit sur un parking destiné aux pêcheurs au bord de la rivière à environ 40 km avant Glennalen. A 18 heures nous avons 30°, mais comme il y a beaucoup de moustiques et des taons, nous devons rester dans le camping car protéger par les moustiquaires. L'air n'entre pas beaucoup et nous avons très chaud. La nuit sera très calme et en définitive assez fraiche.

Avant de poursuivre notre voyage en Alaska, une rapide présentation de ce pays qui fait rêver mais peut -être mal connu.

C'est le 49ème état des Etats-Unis acheté à la Russie en 1867. Le pays est immense 1 525 000 km2 mais environ 700 000 habitants soit 0.4 habitant au km2. La capitale est Juneau située dans le Passage Intérieur accessible uniquement par bateau ou par avion.

On partage l'Alaska en 6 grandes régions :

- Le Sud Est : large de 50 km sur 855 km de long, c'est le pays des fjords, des glaciers au climat doux et humide, recouvert d'une forêt dense.

- Le Centre Sud : c'est un arc de cercle qui s'incline vers le Golfe de l'Alaska, partiellement abrité des masses d'air du Pacifique et du Grand Nord par les montagnes et qui a un climat moins rude. Cette région regroupe la plus grande partie de la population et la ville d'Anchorage.

- L'Intérieur qui s'étend entre la chaine des Brooks et la chaine de l'Alaska. Il a un climat continental avec de forts écarts de température.

- Le Sud Ouest tend vers le Pacifique. Il est marécageux. A l'endroit où se rencontre le Pacifique et la Mer de Béring, la différence des eaux donnent naissance à des brouillards épais qui recouvrent les côtes la plus grande partie de l'année.

- L'Ouest est entouré de montagnes mais n'a pour ainsi dire pas d'habitants humains.

- Le Grand Nord : c'est la région arctique au-delà du cercle polaire. La ville la plus septentrionale est Point Barrow qui se trouve à 2100 km du Pôle Nord. C'est ici que l'on rencontre les records de froid : - 62° dans la Baie de Prospect.

L'Alaska, c'est des montagnes. L'"Alaska Range" presque infranchissable est longue de 960 km et est dominée par le Mont Mac Kinley à 6194 m, sommet le plus élevé d'Amérique du Nord.

La chaine des Brooks longue de 1000 km et large de 240 km se prolonge au Yukon (Canada) par les Monts Mackenzie.

L'Alaska, c'est des glaciers : Ils sont tellement nombreux que je n'en citerai qu'un : le Champ de Glace de Juneau. Il est formé de 16 grands glaciers dont le Mendenhall qui s'étend sur 19 km avec un front de 2.5 km de large et 30 mètres de hauteur. Le glacier Taku fait aussi partie du champ de glace et est long de 50 km. Des dizaines d'autres glaciers entourent ceux-ci.

L'Alaska, c'est le Yukon. Ce fleuve prend sa source dans le lac Tagisk entre la Colombie Britannique et le Yukon et se jette dans la mer de Bering en Alaska après 3 200 km parcourus vers le nord en passant au-delà du Cercle Polaire. Il a permis aux marchands de fourrures et aux chercheurs d'or de transporter leurs marchandises.

L'Alaska, c'est sa faune : Tout d'abord ceux qui vivent sur terre : ours, loup, chèvre de montagne, élan, caribou, renne, mouflon de Dall, renard, bœuf musqué, bison ...

La faune marine : baleine, rorqual, cachalot, orque, dauphin, bélouga, otarie, phoque, lion de mer, loutre, castor, saumon, flétan ...

Les oiseaux : bernache, oie, cygne, grue, aigles, macareux, guillemot, mouette, goéland ...

L'Alaska, c'est sa flore : sapins de Sitka, cèdre rouge, thuya géant, sapin du Canada, mélèze, pins, cyprès, saules, bouleaux, chênes, aunes, érables, cerisier sauvage, cornouiller, argousier, trembles, épinettes, sapins et aussi rosier sauvage, thé du labrador, myosotis, immortelles ...

L'Alaska, c'est la terre qui tremble : Cette région est instable en particulier l'Alaska méridional et les Iles Aléoutiennes qui sont situés sur le bord d'une zone sismique parmi les plus actives du monde. Il y a environ 80 volcans et 47 ont donné signe de vie depuis la fin du 18ème siècle. Le plus important séisme a lieu en 1964 et atteint 8,7 sur l'échelle de Richter. Il fait une centaine de morts. Le fonds des mers se soulève par endroit de 15 m sur 400 km et un raz de marée avec des vagues de 65 m détruit plusieurs communautés.

L'Alaska, c'est seulement une dizaine de routes goudronnées et des pistes, mais on ne visite que le dixième du pays, le reste n'étant accessible qu'en bateau ou en avion.

L'Alaska, c'est ses ressources naturelles : gaz naturel, charbon, zinc, bois, or et surtout pétrole qui rapporte beaucoup mais peut être si dangereux pour une si belle nature. Se rappeler l'accident de l'Exxon Valdez en 1989.

L'Alaska, c'est aussi la ruée vers l'or, période héroïque qui a fait réver tant de personnes, en enrichissant certains, en tuant beaucoup d'autres.

L'Alaska, c'est un pays immense pourvu de beaucoup de richesses mais extrêmement fragile

.

Nous n'en visiterons qu'une toute petite partie mais nous savons que nous verrons des paysages extraordinaires, une vie animale que nous ne connaissons pas et surtout des gens accueillants malgré la barrière de la langue.

 

Beaucoup de renseignements sont tirés du livre de Jacques Klein " Alaska et Yukon" aux éditions "Les Guides Peuples du Monde".

 


29 Juillet : Il fait très beau. Nous nous arrêtons à Glennalen pour faire des courses et prendre du carburant. Les deux premières stations n'ont plus de diesel. La troisième a été approvisionnée aussi il y a un monde fou. La route change. La vallée devient plus étroite avant de s'élargir à nouveau. Nous découvrons à nouveau la chaine des Wrangell sous un soleil radieux. Les 5 principaux sommets sont bien distincts en face du belvedère : le mont Drum 3661 m, le mont Sinder Peak, le mont Sandfort 4949 m, le mont Zanetti, le mont Wrangell 4317 m. Pas un nuage ne vient les masquer. Nous nous arrêtons au Visitor Center du Parc National de Wrangell St Elias. Très intéressant à l'intérieur comme à l'extérieur. Nous passons par Copper Center et avons une très belle vue différente des précédentes sur les monts Wrangell. La route monte un peu mais nous ne sommes qu'à 550 m d'altitude.Première image du glacier Worthington. Nous nous rapprochons encore et pour déjeuner trouvons un parking juste au pied du glacier. C'est magnifique. Nous franchissons le col de Thompson qui est à 815 m. Ce lieu est parmi ceux qui recoivent le plus de neige de tout l'Alaska. Pendant l'hiver 1952/1953, on a mesuré près de 25 m de neige. Nous partons à pied faire des photos des deux vallées. Il y a du vent mais il ne fait pas froid. Du haut du col, nous apercevons le camping car. Nous entrons ensuite dans le Keystone Canyon long de 11 km et creusé par la Low River. Deux chutes d'eau tombent du haut du canyon dans la rivière. On arrive à Valdez et allons au Visitor Center pour avoir des renseignements sur les excursions en hélicoptère au-dessus des glaciers. Grace à Google qui fait la traduction, par toujours bien compréhensible, nous avons nos réservations pour demain en sachant qu'il fera beau. Nous passons la nuit au camping. Il fait encore 25° à 20 h.

30 Juillet : Aujourd'hui nous effectuons un vol en hélicoptère au-dessus du champ de glace de Columbia. Le vol dure 1 heure 30. Le ciel est dégagé à part quelques nuages bas. Nous survolons Valdez et son port, puis déposons un employé à la station météo. L'hélicoptère se pose sur un mouchoir de poche et repart aussitôt.

Tout à coup, nous apercevons un ours noir qui lève la tête en entendant le bruit. La photo ne sera pas très nette. Nous en verrons un deuxième. Nous arrivons ensuite au-dessus du glacier Columbia. C'est magnifique. Difficile d'expliquer la sensation devant cette glace si bleue et ces crevasses profondes. Il faut voir les photos pour se rendre compte de la beauté de ce lieu. Après un long survol, nous nous posons sur une petite plage au bord du lac formé par la fonte des glaces. Des petits ruisseaux se crées suite à la fonte d'une paroi de glace verticale qui fond un peu. Sur l'eau il y a des icebergs petits ou gros. Régulièrement, on entend comme un coup de feu : c'est un bloc de glace qui vient de tomber dans l'eau. Nous verrons le remous formé de gaz d'un bloc tombé juste à notre passage. Nous reprenons l'hélicoptère et survolant les autres glaciers. Nous apercevons des chèvres de montagnes sur une paroi tellement verticale que l'on se demande comment elles peuvent tenir. Nous redescendons ; une mer de nuage masque la vallée laissant voir que le haut des pics. Nous reprenons au passage l'employé qui ramène une pièce défectueuse et après un dernier survol de la baie de Valdez nous atterissons. Extraordinaire promenade. Dans l'après midi, nous quittons Valdez, passons vers le terminal du pipe-line voir s'il n'y a pas d'ours en train de pêcher les saumons. Ils ne sont pas là ! Tant pis. Nous reprenons la route car nous irons coucher au pied du glacier Worthington. Le bivouac sera très agréable. Le glacier est brillant sous les derniers rayons du soleil. Dès que le soleil se cache, la température chute de 25° à 13°. Mais nous n'aurons pas froid sans chauffage.

31 Juillet : Nous partons dans la matinée. Route jusqu'à Glennalen en suivant la Cooper River, puis la Glen Hway pour rejoindre Anchorage. La première moitié de l'itinéraire est sans grand intérêt d'autant que la chaussée est en assez mauvais état. D'ailleurs, ils refont plusieurs tronçons. Lorsque les travaux sont importants, nous devons attendre parfois 15 mn qu'une voiture pilote nous ouvre la route. Nous la suivons sur des kilomètres jusqu'à la fin des travaux. La route serpente entre les monts Talkeetna et les monts Chugach. Les premiers glaciers Tazlina et Nelchina sont à peine visibles coiffés de nuages et dans la brume. Par contre, on a une très belle vue sur le glacier Matanuska qui est vraiment impressionnant. Sa moraine terminale s'étend sur 6 km soit le double de sa largeur moyenne. Descendant des monts Chugach, il s'étire sur 40 km environ. On suit ensuite la rivière Matanuska qui s'étale dans la vallée ; elle est grise et très furieuse. D'un coup la route quitte la vallée et grimpe en serpentant le long de la falaise. Très surprenant. On redescend au bout de plusieurs dizaines de kilomètres. Nous trouvons un sous-bois au bord de la rivière où nous passerons la nuit.

1er Août : Nous allons visiter une ferme d'élevage de bœufs musqués : Musk Ox Farm. Le dernier spécimen de bœuf musqué avait été abattu à Barrow en 1865 et il n'en restait que 500 environ dans le Grand Nord Canadien. Il fut réintroduit en 1936 avec des animaux du Groenland sur l'ile de Nunivak car cette ile de la mer de Bering n'avait ni ours ni loups, les principaux prédateurs avec l'homme du bœuf musqué. Cet animal possède un duvet appelé "quiviut" situé sous ces poils qui est huit fois plus chaud que la laine de mouton pour le même poids. On prélève par peignage cette laine qui est filée et tricotée à la main par les familles esquimaudes pour faire des écharpes, bonnets, etc... et vendus très cher. Nous arrivons en début d'après midi à Anchorage et allons visiter "Anchorage Museum". Beau bâtiment en verre avec des jardins et des sculptures. A l'intérieur, des expositions de vêtements, bijoux, ustensiles de la vie courante, de la pêche et de la chasse des différentes familles indigènes. On trouver aussi de très beaux masques et chapeaux.Un film sur écran est consacré aux différentes provinces de l'Alaska. Nous allons ensuite au Visitor Center, puis faisons le tour du centre ville qui se résume à 3 à 4 rues. Les boutiques de souvenirs vendent des produits "made in China". Il y en a 2 ou 3 qui vendent du vrai artisanat d'Alaska mais les prix sont très élevés. Nous allons sur le parking d'un Walmart et surprise, nous somme garés juste derrière le camping car de Sylvie et Christian de CCRSM. Nous avons embarqués ensemble à Anvers. Nous sommes contents de les retrouver car les français ne sont pas nombreux depuis que nous ne rencontrons plus de Québécois. Nous passons la soirée ensemble.

2 Août : Nous restons à Anchorage pour la journée : courses au supermarché Fred Meyer bien achalandé et moins cher qu'à Valdez. Connexion avec Skype. Petits travaux et nettoyage intérieur du camping car il en a bien besoin après les routes en travaux que nous avons empruntés. Nous retrouvons Sylvie et Christian pour l'apéritif. Ils ont pris livraison de leurs nouvelle batteries qu'ils attendaient.

3 Août : Nous nous dirigeons vers Seward. Un vent violent se lève d'un coup lorsque nous arrivons au "Turnagain Arm". C'est la fin du Cook Inlet qui joint la Mer de Bering.Nous devons réduire fortement la vitesse tellement les bourrasques sont déstabilisantes. Ce n'est qu'après la jonction avec la route qui va à Whittier que le vent se calmera. Nous sommes à marée basse ; il y a peu d'eau et le sable est visible sur de grandes étendues. Il n'y a pas de soleil et les montagnes sont dans les nuages qui descendent très bas sur l'eau. Il pleut lorsque nous arrivons à Seward. Nous trouvons une place dans un campground, face à la baie. Dommage, on ne voit rien des montagnes. Nous allons faire un tour à pied, entrons à la"Librairy" pour la Wifi et continuons en direction du centre ville. Mais la pluie qui redouble nous oblige à faire demi-tour. Nous sommes bien humides ; il fait 12° dehors.

4 Août : Il ne pleut pas mais les nuages recouvrent toute la baie au niveau de l'eau. La vue est complétement bouchée. Puis il se met à pleuvoir. Dans l'après midi, nous irons à pied au centre voir si nous pouvons faire demain une croisière dans les fjords de Kenai. La météo sera un peu moins mauvaise qu'aujourd'hui. Nous réservons donc. Une navette gratuite dessert du centre ville la rue principale et celle qui longe la baie. Elle est la bienvenue car un déluge de pluie tombe depuis un moment. Nous rejoignons le CC contents d'être à l'abri.

5 Août : Nous partons vers 7 h 1/4 pour le parking privé du croisiériste. La navette nous amène au bateau. Nous avons choisi un petit bateau de 16 personnes maximum. Nous sommes 14 passagers. Le temps n'est pas beau. Il pleut. Nous partons pour 9 heures de visite en espérant que la pluie veuille bien s'arrêter Il n'en sera rien. Nous ne voyons même pas les montagnes et les glaciers qui nous entourent. Les animaux sont présents : loutres qui font la planche, otaries sur les rochers, macareux, cormorans, canards ne sont pas gênés par le le temps. Nous verrons aussi des lions de mer dont un mâle énorme qui prend la pose pour les photos. Nous avons quitté Seward par Ressurection Bay jusqu'à Aialik Cape, pointe la plus sud de la Pénincule de Aialik. Nous remontons le fjord jusqu'à Aialik Glacier ; nous sommes entourés de gros glaçons ; il neige et il fait très froid. Mais le glacier est très beau, bleu et transparent sur les bords. On entend le claquement des blocs de glace qui se détachent et tombent dans l'eau. Un peu de soleil aurait été le bienvenu. Nous naviguons encore une bonne heure avant que le bateau ne s'arrête. C'est le domaine des baleines. Elles soufflent un jet d'eau avant d'apparaître et de replonger. Certaines font voir leur queue. Nous en verrons bien une dizaine. Un énorme banc de poissons se déplace et chaque oiseau qui plonge repart avec un poisson dans le bec. Nous resterons à admirer le spectacle pendant un long moment, moteur coupé. Sur le chemin du retour, nous verrons encore des lions de mer, des otaries et un "badle eagle" qui attend sur un rocher. Des dauphins suivront un moment le bateau. Les petits macareux se reposent dans les failles des rochers. Très belle excursion malgré la pluie.

6 Août : Nous restons à Seward en espérant une éclaircie afin de faire des photos de la baie et des alentours. Elle ne viendra pas et la pluie continue. Nous sortirons seulement pour aller à la laverie faire la lessive et profiter de la Wifi. Tant pis pour les photos, nous quitterons Seward demain sans avoir vu les glaciers.

7 Août : Il pleut mais le temps parait un peu plus clair qu'hier. Nous rejoignons le Sterling Hway et longeons le Lac Tern. Une plateforme aménagée permet d'observer les oiseaux ; il n'y a pas grand chose. Mais dans l'eau au bas de la passerelle, après une petite chute, dans l'eau calme il y a des saumons tout rouge. Nous en comptons 7. Nous longeons ensuite la rivière Kenaï où des pêcheurs tentent leur chance avec les saumons. Nous avons des difficultés pour prendre une photo de la rivière car lorsque l'on peut s'arrêter des arbres cachent la vue. On trouve aussi des bateaux et des canoés kayaks qui descendent la rivière. Le temps s'améliore un peu ; nous allons jusqu'à Homer et nous arrêterons plus longuement au retour. A Homer, le temps est plus dégagé mais pas assez pour voir les volcans sur la péninsule de l'Alaska de l'autre côté du Cook Inlet. Nous cherchons un parking pour la nuit sur le Spit face à la Baie de Kachemak. Après le repas, la marée est basse. Au loin, nous apercevons des taches noires. Ce sont des loutres qui se laissent dériver dans le courant. Avec la longue vue, nous pouvons bien les observer. Elles sont sur le dos, puis plongent et ressortent. Nous en compterons une cinquantaine. Mais pas de photos : c'est trop loin. Elles vont toutes disparaitre petit à petit. Mais quel spectacle elles nous ont offert.

8 Août : Incroyable : il ne pleut pas. Nous allons visiter le Spit. C'est une langue de terre de 8 km qui s'avance dans la baie et qui est en fait la moraine d'un ancien glacier. Elle est si riche en débris carbonifères qu'elle s'enflamma en 1934. C'est le charbon qui avait donné naissance à Homer en 1896. Mais l'exploitation est maintenant arrêtée. Le Spit possède un port de plaisance et un ferry qui va à Seldovia, Seward et Kodiak. De petites maisons colorées en bois abritent les loueurs de bateaux pour la pêche au saumon, au flétan (halibut) ou autres poissons. C'est le paradis des pêcheurs avec des prises record : 42 kg pour un saumon royal et 200 kg pour un flétan. Nous ne sommes pas pêcheurs aussi nous achetons du poisson ainsi que du crabe royal à la conserverie. Beaucoup de restaurants, de boutiques de souvenirs mais "made in china". Les rares qui vendant des objets faits en Alaska sont très chères. L'après midi, nous allons visiter le musée Pratt. Très intéressant et interactif. Dommage que notre anglais ne soit pas à la hauteur. Il y a des animaux naturalisés, des aquariums avec des poissons et des coquillages vivants. Une caméra nous fait partager en direct la vie des oiseaux sur l'Ile de Gull. Un film sur l'accident de l'Exon Valdez retrace les circonstances et les nettoyages entrepris pour éliminer le pétrole qui a souillé les cotes du Cook Inlet. Nous longeons la Baie de Kachemak afin de mieux voir le glacier que les nuages viennent de découvrir. Nous couchons à la même place, mais pas de loutres ce soir.

9 Août : Le temps est gris mais il ne pleut pas. En quittant le Spit, sur le toit d'une maison, nous voyions un pygargue à tête blanche. Il se laissera photographier sans s'envoler. Nous faisons une halte au belvédère à la sorite d'Homer. Vue dégagée sur les montagnes situées au-dessus de Seldovia, mais les autres sont invisibles. Dans les massifs de ce parking, de très beaux légumes poussent parmi les fleurs. Nous poursuivons notre route mais manquons le village de Ninilchik : pas de photo de cet ancien village russe. Nous nous dirigeons sur Kenaï par la route du bord. Très belle route. Nous nous arrêtons pour déjeunons au bord de la rivière Kenaï. Beaucoup d'oiseaux sur la grande plaine marécageuse qui borde la rivière. Nous verrons un aigle perché sur un piquet, quelques grouses, des goélands et deux grues du canada. Nous allons à l'embouchure de la rivière Kenaï car c'est marée montante et l'on peut parfois apercevoir des bélugas qui viennent chasser le saumon. Mais maintenant le temps est gris et bas et il pleut. Nous ne voyons rien même avec les jumelles. Tout près se trouvent l'église de la Sainte Assomption de la Vierge Marie, église orthodoxe de 1890 et la chapelle de St Nicolas de 1906. Ces édifices rappellent que l'Alaska a été russe. La pluie s'est bien installée. Nous allons à Soldotona pour passer la nuit sur le parking du Fred Meyer.Vers 20 h, nous aurons droit à un rayon de soleil.

10 Août : Nous partons avec la pluie. A la sortie de la ville, nous trouvons un car-wash. Nous en profitons pour nettoyer le camping-car, car entre la pluie et les routes en réfection il a changé de couleur et tire plutôt sur le caramel. Nous longeons le lac Kenaï, mais il y a moins de pêcheurs. Pour le déjeuner nous retrouvons l'aire de pique nique du lac Tern. Les saumons rouges ou sockeye sont toujours là, mais leur vie est comptée. La femelle va pondre environ 3500 œufs qu'elle enfoui dans un trou creusé avec ses nageoires puis  elle meure. Le mâle va fertilisé les œufs et mourra à son tour. Les alevins resteront dans le lac jusqu'à ce qu'ils atteignent la taille de 6 à 10 cm ; à ce moment, ils commenceront leur descente vers la mer. Il leur faudra plusieurs années, jusqu'à 5, dans le Pacifique pour devenir adulte et retourner sur le lieu de leur naissance pour procréer à leur tour. Bien sûr, s'ils n'ont pas été pêchés en cours de route ou morts d'épuisement en sautant les rapides. Nous quittons la Sterling Hway pour aller à Hope situé au bord du Turnagain Arm. C'est un petit village sympathique créé lors de la découverte d'or dans la Resurrection Creek. Quelques maisons datent du 19ème siècle. Beaucoup de pêcheurs, mais pas de prise pendant notre balade. Le temps se dégage nous avons même un rayon de soleil. Nous reprenons la Sterling Hway jusqu'à la bifurcation pour Portage Glacier. Mais le temps ensoleillé ne dure pas et nous ne pourrons voir entièrement le glacier, ni le glacier Byron. Ici, en Alaska le temps change avec une vitesse incroyable : nous avons les 4 saisons dans la même journée. Nous rencontrons un couple français qui loue un camping car et qui connait bien l'Alaska pour y venir depuis de nombreuses années. Nous échangeons un grand moment mais à l'intérieur car il pleut. Ils nous apprennent que lorsqu'ils venaient il y a une vingtaine d'années, le lace créé par le Portage Glacier était parsemé d'icebergs bien bleus que les visiteurs mettaient dans leur glacière. Maintenant il n'y en a plus et le glacier recule inexorablement. Nous nous quittons car ils vont dans le Kenaï. Nous nous arrêtons au Anchorage Coastal Wildife Refuge de Potter Marsh. Une promenade suspendus au-dessus des marécages permet d'observer de nombreux canards, sternes, bernaches et des oiseaux dont nous ne connaissons pas le nom ainsi qu'un gros rat musqué. Mais il y a aussi beaucoup de moustiques ! Et la pluie a repris de plus belle.

11 et 12 Août : Une journée de pluie incessante. Puis le temps s'améliore ; nous allons faire un tour dans Anchorage avec le soleil et même 19°, mieux que la veille où l'on n'a pas dépassé les 10°. La météo s'annonce meilleure ; nous partirons demain pour le Parc Denali.

13 Août : Nous prenons la Parks Hway. Rien de particulier le long de cette route. Nous déjeunons au bord d'un lac d'où décollent de petits hydravions. Avant Talkeetna, un belvédère permet une belle vue sur la chaine de Denali et le Mont Mac McKinley. Nous passons Broad Pass col à 733 m. Quand on voit les montagnes qui nous entourent on a toujours l'impression d'être à plus haute altitude. La végétation change , c'est la toundra avec ses arbustes rabougris. Beaucoup de ramasseurs de myrtilles. Après 400 km, nous voici arrivés au Parc. A l'enregistrement, on nous annonce que tous les campings sont complets pendant 3 jours. Nous allons réserver une place dans la navette pour Kantishna. Ce sera pour le 15 Août car demain elle ne fonctionne pas. Maintenant, il faut trouver un camping car par ici le bivouac sauvage n'est pas facile.


14 Août : Il fait très beau et pour la première fois depuis notre arrivée au Canada nous sortirons le barbecue pour faire griller des crevettes.

15 Août : Le départ est à 8h30 pour 12 heures de visite. Le temps n'est pas aussi ensoleillé qu'hier. La route s'élève au milieu des peupliers et des épicéas, puis c'est la toundra. A partir du pont sur la rivière Savage, les véhicules ne sont plus autorisés. D'ailleurs la route n'est pas goudronnée. Nous ne voyons pas le mont Mac Kinley ; il est dans les nuages. D'ailleurs il le restera toute la journée. Nous n'avons pas de chance ces derniers temps avec les montagnes. L'essentiel est de voir des animaux. Et nous voyons un grizzli qui mange puis des caribous. Si quelqu'un voit un animal, il le dit au chauffeur qui s'arrête. La navette est sur le modèle des bus scolaires avec de petites fenêtres qui s'ouvrent. Mais les animaux n'attendent pas. Aussi ce n'est pas évident de faire des photos, d'autant qu'on doit avoir la ceinture de sécurité ! Des arrêts sont prévus sur des parkings afin d'admirer les paysages et utiliser les toilettes. A l'aller, nous verrons peu d'animaux  grizzli, orignal, caribous, grouses, chèvres blanches, mouflons de Dall. Jusqu'au Visitor Center d'Eielson où se trouvent les rangers, la route s'élève dans de magnifiques panoramas colorés avec dans le fond la rivière. Mais toujours pas le mont Mac Kinley. Nous passons le point le plus haut de la route à 1200 m et arrivons à Kantishna, ancienne mine d'or. Le site est agréable avec des petits bungalows disséminés dans la végétation qui servent à la location touristique. Il y a un terrain d'aviation. Nous faisons une promenade à pied avant de repartir en direction du Lac Wonder. Nous pouvons même manger des myrtilles qui sont abondantes. Après le lac, les animaux rencontrés sont nombreux : caribous, orignal, grouses et un grizzli que nous regarderons assez longtemps car il nous intrigue : il gratte le sol avec ses pattes, puis s'éloigne avant de revenir et creuser à nouveau Il a du trouver quelque chose à manger d'intéressant. Nous croiserons un renard roux qui marche sur la route et n'est pas pressé de la quitter. Une colonie de grouses est installée au bord de la route dans des trous. Encore un beau orignal et le voyage se termine. Nous avons passer une agréable journée, bien que le confort du bus ne soit pas sa qualité première.

16 Août : En quittant Denali, nous nous arrêtons au Visitor Center pour regarder un film qui retrace la création de la route et du Parc Denali. Il y a beaucoup de photos anciennes. C'est intéressant. La route suite la rivière Nenana qui se jette dans la Tanana River à Nenana, joli petit village avec un port de commerce. Il fait très beau et nous sommes vraiment déçus de ne pas avoir eu ce beau soleil hier. Nous arrivons à Fairbanks en fin de journée.

17 Août : Nous allons par la route de Steese à Circle, village au bord du Yukon. La moitié de la route est goudronnée. Si c'est trop mauvais, nous ferons demi-tour. Nous regardons le monument dédié à Pedro, un émigré italien qui découvrit un important filon d'or dans le coin. Plus loin, sur le parking d'une auberge, il y a une exposition de voitures anciennes et de prestige. Certains bolides sont surprenants, mélange d'ancienne voiture avec un moteur d'aujourd'hui apparent. Il y a aussi des motos. L'auberge est typique : restaurant avec piste de danse et orchestre, salle avec sol carrelé en damiers pour jouer aux échecs, juks-box, flippers, plafonds en miroirs et lumière tamisée. De l'autre côté de la route, une ancienne mine d'or est à l'abandon avec ses collines de cailloux retirés des excavations faites par la drague. Nous continuons notre route. La nature devient très belle et quittons la forêt pour la toundra. Nous passons le col Eagle Summit à 1126 m. Il ne fait pas chaud dehors mais avons une très belle vue sur les montagnes tout autour du col. La route redescend dans la vallée et nous suivons une rivière au bord de laquelle nous déjeunons. Quelques pêcheurs et des randonneurs en kayak. Nous passons le village de Central. A partir de là, la route est moins bonne, avec des passages difficiles. Nous réduisons la vitesse ; nous n'allons pas abandonner si près du but. Nous arrivons à Circle où il y a 100 habitants. La route fini sur le bord du Yukon. La rivière est imposante, large et calme, bien différente de celle vue à Whithorse. Si Circle a été un grand site d'exploitation des mines d'or jusqu'à la Seconde Guerre Mondiale, aujourd'hui le village ne respire pas la richesse. Quelques bateaux de pêche sont amarrés. Nous passons la nuit au bord de la rivière. Nous verrons une colonie de bernaches et deux grues du Canada. Nuit très calme.

18 Août : Après avoir fait le tour du village, nous repartons dans l'autre sens. Le temps est moins beau. Nous cueillons des myrtilles pour le dessert. Nous ne voyons aucun animal à part deux écureuils qui traversent la route. Direction le parking du Walmart en espérant ne pas avoir un voisin qui fasse fonctionner son générateur.

19 Août : Notre antenne amplifiant la Wifi ne fonctionne plus. Toute la matinée nous essayerons d'en trouver une autre sans succès. Dommage elle rendait bien service. Après quelques courses, nous prenons la route pour Tok. Le temps est très changeant. Nous suivons la rivière Tanana qui s'étale sur peut être 2 km de large avec plein de bras, des bancs de cailloux et un courant très rapide. Des panneaux indiquant "zone de feu" nous invitent à ralentir. Nous ne voyons pas de fumées mais une odeur de brûlé. Nous traversons d'autres rivières dont nous ne connaissons pas le nom puis à nouveau la Tanana. Elle est enjambée par l'oléoduc qui transporte le pétrole de Prudhoe Bay sur la mer de Beaufort à Valdez sur le Golfe d'Alaska soit 1287 km. Il s'agit d'un conduit de 1.20 m de diamètre qui fait transiter 10 000 barils de pétrole par jour. Prudhoe Bay est le plus important gisement d'Amérique et le 18ème du monde. Nous faisons un arrêt au Visitor Center à Delta Junction avant de poursuivre. Peu de voitures. Nous nous arrêtons 30 km avant Tok au bord du Moon Lake. Nous sommes les seuls à part une voiture de surveillance du feu qui repartira avant la nuit. C'est le calme absolu. Seule une famille de canards se restaure.

20 Août : Hier au Visitor Center nous avons pris la météo qui annonce très beau temps pour jeudi. Nous décidons d'attendre car nous ne voulons pas prendre la route "Top of the World" sous la pluie. C'est une route de crêtes non goudronnée sur une grande partie. Nous restons donc au bord du lac et sous la pluie. Mais nous verrons un orignal  qui nage d'un bord à l'autre du lac. Il est loin et tout petit sur la photo. Nous essayons de le voir sur le rivage mais impossible.

22 Août : Nous partons avec le soleil. Par la route Taylor, nous rejoignons Chicken village de 40 habitants, typique avec son matériel de mine disséminé autour du saloon, cafétéria, épicerie. Le temps dégagé permet de voir la chaine de l'Alaska. Nous passons le col Mont Fairplay. La route est goudronnée jusqu'ici avec quelques portions en gravier. Après le déjeuner, nous poursuivons notre route. C'est très roulant mais nous limitons notre vitesse car bien qu'il y ai peu de circulation les pick up qui nous doublent ne ralentissent pas. La route est en travaux ; elle est élargie et dotée de profonds fossés de chaque côté ; le revêtement est bien compacté et il n'y a pas de trous. La vue est étendue et nous sommes dans la toundra. Plus beaucoup de végétation. Nous montons jusqu'à 1335 m d'altitude avant de redescendre un peu au poste de douane canadien. Il n'y a pas de poste américain. Le douanier parle français, demande les passeports, si on a des armes ou de l'alcool et les formalités sont terminées. Comme nous avons parlé des animaux du Yukon, il nous dit que le matin ils sont parfois obligés de faire partir les caribous qui ont envahis le parking de la douane. Et bien, nous n'en verrons pas un seul ! La route descend dans la vallée de la rivière Fortymile et le paysage est superbe. La route devient en assez mauvais état sur une portion puis redevient goudronnée. Au détour d'un virage nous apercevons le Yukon moins large qu'à Circle mais majestueux tout de même. Nous voici arrivés. Il ne reste plus qu'à traverser le fleuve. Le bac arrive et nous embarquons. Pas étonnant qu'en plein été il y ai jusqu'à 3 heures d'attente car on met seulement 4 à 5 voitures et 2 camping cars suivant les tailles. Un des employés est français. Il travaille à Dawson City depuis 6 ans et est très content malgré le froid qui descend jusqu'à - 35° et plus en hiver. Il faut dire qu'il est originaire du Doubs et le froid il connait. Nous sommes moins contents car il nous annonce la pluie pour demain : dépression qui vient d'Alaska. Nous avons fait la route juste au bon moment. Nous allons au camping situé en plein centre.

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